Ces 2 dernières années, le personnel des trains et gares de la SNCB a été de plus en plus souvent victime d'agressions dans l’exercice de son travail. En 2022, 1.900 cas d'agression ont été recensés. Une tendance qui se poursuit également cette année, avec 200 agressions en ce mois de janvier, soit +50% en comparaison avec les 130 cas de janvier 2022. Quatre agressions sur 10 dégénèrent en violence physique. La SNCB condamne fermement toute forme d'agression et lance une nouvelle campagne pour y mettre fin. Aujourd’hui, pour faire entendre cet appel, des collaborateurs de la SNCB, rassemblés à la gare de Bruxelles-Nord, ont donné un coup de sifflet final aux agressions. Un signal clair de la SNCB qui appelle au respect de ses collaborateurs.

Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB : « Jour après jour, notre personnel est au service des voyageurs. Ils sont présents dans les trains et dans les gares pour assurer leur sécurité et leur confort, pour les aider, les guider et les informer. Leur travail mérite le respect. Je condamne fermement toute forme d'agression physique et verbale. Pour tout fait de violence à l’encontre notre personnel, la SNCB réclamera les sanctions les plus sévères. Nous demandons aussi à la justice d'appliquer la tolérance zéro et de sanctionner sévèrement chaque agression. Par ailleurs, une présence accrue et visible de la police ferroviaire et de la police locale dans les gares et leurs environnements ainsi que dans les trains est une nécessité pour soutenir nos services de sécurité. »

Georges Gilkinet, Vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité : « Le personnel des chemins de fer exerce un rôle essentiel dans la mobilité de chacun d'entre nous et mérite le respect. Un agent protégé est un voyageur en sécurité, davantage pour le plus vulnérable. Car se sentir en sécurité est une condition essentielle pour voyager en train. En ma qualité de ministre de la Mobilité, il m'est apparu évident de plaider pour un amendement du Code pénal afin d’alourdir les sanctions contre toute agression, qu'elle vise les agents de Securail ou l'ensemble du personnel des trains. Nous devons envoyer le signal que chaque agression est celle de trop et qu'elle fera systématiquement l'objet de poursuite judiciaire. Par ailleurs, un soutien rapproché continuera d’être assuré aux victimes en cas d’agression. Protéger davantage le personnel ferroviaire, c'est améliorer la qualité du service. »

Les chiffres restent beaucoup trop élevés

Le nombre d'agressions auxquelles est actuellement confronté le personnel dans les trains et les gares atteint un niveau inacceptable. En 2022, on a enregistré pas moins 1.900 cas d'agression, soit en moyenne 5 cas par jour. Ce chiffre est similaire à 2021 et 60 % plus élevé qu'en 2019. Cette tendance se poursuit également cette année : en janvier 2023, on recense déjà +50 % d'agressions en comparaison avec janvier 2022.

Quatre agressions sur 10 impliquent des violences physiques. Les autres sont des agressions verbales allant des insultes aux menaces. Inutile de dire que cela impacte lourdement les personnes concernées. L'an dernier, 450 collaborateurs ont été absents en raison d'une agression, ce qui représente 9.200 jours d'incapacité au total. Les agressions ont aussi un impact croissant sur la ponctualité et le nombre de trains supprimés.

Un appel collectif au respect

La nouvelle campagne met en scène des membres du personnel de la SNCB qui ont déjà été confrontés à des agressions. De près et le regard fixé vers la caméra, ils lancent un appel au respect. La vitre brisée à l’avant symbolise cette violence et l’impact qu’elle génère sur eux.

Des collaborateurs SNCB rassemblés dans le hall de la gare de Bruxelles-Nord ont aussi donné ce matin un coup de sifflet final contre les agressions, au nom de la SNCB et des 17.000 membres de son personnel.

La SNCB réclame des poursuites sévères

En tant qu'employeur, la SNCB demande que toute agression à laquelle le personnel est confronté soit traitée sérieusement par tous les acteurs de la chaîne judiciaire, chaque situation faisant l'objet d'une plainte de la part des forces de police et chaque plainte faisant l'objet d'une enquête complète et sérieuse et d'une sanction appropriée pour les auteurs. À cet effet, elle collabore avec les différents parquets et est en contact avec le Collège des procureurs généraux.

Outre le soutien psychologique immédiat, pour lequel la SNCB fait appel à une aide professionnelle et à 250 collaborateurs spécialement formés, la SNCB propose à ses collaborateurs une assistance juridique après chaque agression, afin qu'ils puissent déposer une plainte et qu'une enquête sur les faits soit ouverte. Dans chaque cas, la SNCB se tournera vers la justice en tant que partie lésée et, en cas de poursuites par le Parquet, la SNCB se constituera aussi systématiquement partie civile.

Les dossiers débouchant sur des poursuites pénales peuvent aboutir à des peines de prison avec ou sans sursis. Les agresseurs s’exposent également à des amendes ou à des travaux d'intérêt général. L'agression contre le personnel de services publics est aussi considérée comme une circonstance aggravante.

Vincent Van Quickenborne, Vice-Premier Ministre et ministre de la Justice : « Il est regrettable de constater que le respect envers le personnel du rail se détériore à ce point qu'il se traduit par une augmentation de l'agressivité et des violences. Le système judiciaire prévoit des sanctions plus fortes pour ceux qui commettent des violences à l'encontre du personnel des trains et le Parquet dispose d'une directive selon laquelle, en cas de blessures, des mesures doivent être systématiquement prises contre l'auteur. Et cela arrive. Malheureusement, nous constatons encore que 30% des cas ne sont pas poursuivis. Notamment en raison du fait que l'auteur inconnu s'est déjà enfui avant d'être appréhendé par la police ou Securail ou en raison du manque de preuves. Le renforcement des équipes de Securail est donc une bonne chose et il reste essentiel aussi d'améliorer la charge de la preuve, notamment avec des images vidéos. »

Annelies Verlinden, Ministre de l'Intérieur : « La violence à l'encontre du personnel ferroviaire reste inacceptable et irrespectueuse, et a un impact énorme sur les victimes. Cette campagne de sensibilisation permet de le faire comprendre à tous les voyageurs. Différents partenaires, tels que la police des chemins de fer et les agents de sécurité, travaillent ensemble et organisent des actions constructives pour rendre les voyages en train sûrs pour tous. Les services ferroviaires ne méritent que le plus grand respect. »

Éviter les discussions agitées dans les trains

Les membres du personnel en contact direct avec les voyageurs apprennent via des formations à reconnaître les situations potentiellement conflictuelles et à y réagir. Ces concepts sont déjà bien intégrés et appliqués sur le terrain par nos collaborateurs mais l’appel au respect reste nécessaire. La campagne de sensibilisation s'inscrit dans une démarche plus large de la SNCB visant à mettre fin aux agressions.

Bien qu'il soit demandé à chaque voyageur d'avoir un titre de transport valable avant de monter dans le train, la fraude est toujours présente. Les discussions avec les voyageurs sans titre de transport valable sont la principale cause d'agressions.

Securail mènera par conséquent des contrôles de tickets plus fréquemment dans les gares. Les agents vérifieront que les voyageurs sont en possession d’un titre de transport valide avant d’embarquer dans le train. Si ce n'est pas le cas, l’accès au train leur sera refusé et Securail les renverra vers les canaux de vente : site web, application SNCB, automates de vente ou guichets. En 2022, ce contrôle spécifique a été effectué avant le départ de 55.000 trains, un nombre qui sera encore augmenté en 2023.

En 2023, la SNCB recrutera d’ailleurs plus de 100 nouveaux agents de sécurité Securail pour renforcer la présence dans les gares et les trains. Ces agents sont autorisés à effectuer des contrôles d'identité et à rédiger un PV en cas d'infraction à la loi sur la police des chemins de fer. En complément aux patrouilles et interventions, Securail gère aussi plus de 10.000 caméras de surveillance dans les gares, les trains et sur le domaine des chemins de fer, dont les images peuvent être mises à la disposition de la police.

Par ailleurs, une présence accrue et visible de la police ferroviaire et de la police locale dans les gares et leurs environnements ainsi que dans les trains, de même que des opérations de surveillance ciblées, sont une nécessité pour soutenir nos services de sécurité.

Toutefois, les possibilités pour acheter un ticket ont été étendues et simplifiées ces dernières années, tant via les automates de vente qu'en ligne. Résultat : la moitié des tickets sont achetés aux automates et 30 % sur le site web ou l’application SNCB. Dès ce 1er mai 2023, seuls les paiements électroniques seront possibles pour les paiements à bord et les amendes, et ce afin de renforcer la sécurité des accompagnateurs de train.

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