Dans son nouveau Plan de Transport décembre 2020 – décembre 2023, la SNCB prévoit d’augmenter au terme de cette période son offre de trains annuelle de 4,7% par rapport à aujourd’hui. Elle maintient cette ambition malgré la crise du COVID-19.

Mais qu’est-ce que le Plan de Transport de la SNCB et comment s’élabore-t-il ?

Quatre questions à Dionys-Kazadi Daie, Head of Transportation planning au sein de B-PT.

Réaliser un plan de transport, c’est jongler avec les contraintes dans le but d’offrir le meilleur service possible à nos clients. Si l’objectif de « répondre à la demande de déplacements via les 554 gares du pays » peut paraître simple, atteindre cet optimum s’avère plus compliqué car la demande est multiple et les contraintes sont nombreuses. Un voyageur aura des souhaits différents en fonction du motif de son déplacement, du moment de son voyage, de la durée de celui-ci ou encore, de la périodicité de son trajet.

En conséquence, certains préféreront la fréquence pour être plus flexible, d’autres la vitesse pour perdre le moins de temps possible, d’autres ne prendront pas le risque d’avoir une correspondance sur leur trajet et d’autres encore accepteront des trajets moins directs mais peut-être plus efficaces.

Ajoutons à cela que certains compareront le train à d’autres modes de transport (voiture, vélo, …) alors que d’autres n’ont pas ce choix. Quant aux contraintes, elles concernent non seulement la disponibilité de l’infrastructure (travaux…), du matériel roulant et du personnel, les trajets des autres opérateurs ferroviaires, mais aussi, par exemple, la capacité des gares ou des ateliers ou, encore, les horaires des écoles. L’adéquation entre ces flux de demande dispersés et le respect des contraintes d’exploitation se traduit par un horaire pour chacun de nos trains et la somme des horaires des 3.700 trains quotidiens de la SNCB forment notre « Plan de Transport ».

Il s’agit de réunir l’ensemble des besoins de mobilité afin de dessiner une offre valable tous les jours de l’année, qui doit à la fois convaincre les utilisateurs actuels du train et séduire de nouveaux clients grâce, notamment, à un haut niveau de ponctualité, à la réussite des correspondances, à une bonne capacité de places assises ou à des horaires compatibles avec les contraintes individuelles de chaque voyageur (déposer un enfant à la crèche, aller à l’école, se rendre au travail, …).

Un bon plan de transport doit être attractif, qualitatif, cohérent et robuste. Autant dire que c’est un challenge de tous les instants mais c’est à ce prix que la SNCB attirera toujours plus de voyageurs à bord des trains et continuera d’être un acteur essentiel du modal shift en Belgique. La cohérence et la robustesse nous permettent de garder une offre lisible et une bonne ponctualité malgré la croissance du nombre de voyageurs. L’attractivité et la qualité d’avoir chaque année davantage de clients dans nos trains tout en augmentant le taux de satisfaction de ceux-ci. Au vu des résultats de ces dernières années, on peut réellement penser que cette la stratégie suivie depuis 6 ans est bonne.

En Belgique, on a parfois tendance à imposer un projet aux clients après avoir travaillé en vase clos avec des experts en pensant que c’est le meilleur produit pour eux. C’est particulièrement vrai en matière de mobilité. Historiquement, la SNCB était dans ce même état d’esprit lors de l’étude de ses deux grands changements de plan de transport en 1984 et 1998. Toutefois, depuis le Plan de Transport de 2014, l’approche est différente.

Avant de lancer les études, la SNCB se nourrit de toutes les observations et idées qui existent partout à travers le pays. Que ce soit en interne avec un Comité de pilotage qui regroupe toutes les directions de la société, en externe avec le Comité Consultatif des voyageurs ferroviaires et les autres entreprises de transport en commun (TEC, STIB, De Lijn) ou encore via les élus politiques au cours de « roadshows » qui réunissent les représentants des Régions, des provinces et des communes de l’ensemble du pays.

Cette démarche nous permet de couvrir le plus large éventail possible des besoins en termes de mobilité et de déterminer les développements d’offre permettant de capter cette demande. Nous pouvons ainsi identifier des problématiques peu connues des services d’étude ou aligner plusieurs besoins individuels vers une solution commune. Tous les projets de développement de l’offre sont étudiés et mis sur un pied d’égalité.

A la fin, l’arbitrage se fait sur base de critères objectifs (cela fait-il partie de notre stratégie ? quel est le bénéfice pour le client ? est-ce que le projet participe à la croissance future des voyageurs ? est-ce financièrement possible ? est-ce réalisable sur le plan  opérationnel ?) pour faire ressortir les meilleurs projets et ainsi proposer le plan de transport le plus adapté aux besoins du plus grand nombre.

Enfin, après la sélection, nous pouvons retourner auprès de chaque interlocuteur et lui expliquer de manière objective pourquoi tel projet n’a pas été retenu et pourquoi tel projet a été préféré. La transparence est le meilleur argument pour expliquer les évolutions de notre offre, développer un raisonnement cohérent dans le choix de nos projets et donner envie à nos interlocuteurs de prendre le train.

pictos trains plan de transport

Quelques chiffres

  • 253,4 millions de voyageurs sur l’année
  • 923.646 clients par jour de semaine en moyenne
  • 3.672 trains par jour de semaine
  • 554 gares desservies
  • 90,4% de ponctualité
  • 66,7% des clients donnent une note supérieure à 7/10 pour les services de la SNCB
  • 3 à 4% de croissance annuelle depuis 3 ans

Rapport d'activités

La stratégie de transformation de la SNCB a commencé à porter ses fruits. Plus d’informations dans notre rapport d’activités

2019
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