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Afin de mieux connaitre leurs métiers respectifs, travailleurs d’Infrabel et de la SNCB vont à la rencontre l’un de l’autre. Les responsables de la gestion du trafic apprennent, dans un simulateur, comment conduire un train (et les enjeux auxquels les conducteurs sont confrontés) tandis que les conducteurs de train découvrent comment le trafic est régulé depuis les cabines de signalisation. Cette connaissance approfondie des métiers de chacun améliore la communication et permet de trouver plus rapidement des solutions aux problèmes potentiels. Cela bénéficie tant à la sécurité qu’à la ponctualité du trafic ferroviaire.

Une compréhension mutuelle grâce à l’échange de jobs

Plus de 4000 trains circulent quotidiennement sur le réseau ferroviaire belge, ce qui en fait l’un des réseaux les plus fréquentés du monde. Mener tout cela à bien constitue un défi de taille. D’un côté, l’on trouve le personnel des cabines de signalisation chargé de superviser le trafic et, de l’autre, les conducteurs qui empruntent le réseau. Ces deux tâches doivent être parfaitement coordonnées. Or, les enquêtes « post-incidents » ont montré qu’agents en charge de la supervision du trafic et conducteurs de trains ne se font pas toujours une idée correcte du job de l’autre groupe… et des problèmes auxquels celui-ci peut être confronté.

Les incidents sont également synonymes de pression et de stress supplémentaire. Ne pas se connaître l’un l’autre, ou ne pas savoir en quoi consiste précisément le travail de l’autre, peut mener à une perception erronée et, potentiellement aussi, à des contrariétés. Pour apporter une solution constructive, Infrabel et la SNCB organisent des échanges de jobs dans le cadre de la formation, mais aussi plus tard dans la carrière. Responsables de la gestion du trafic et conducteurs de train se réunissent et partagent des expériences concrètes. En parallèle, ils bénéficient d’une initiation au job des autres. Cela permet de discuter d’incidents et de cas concrets selon les deux perspectives.

Gérer le trafic en toute sécurité depuis la cabine de signalisation

« Pour s’apprécier, il faut avant tout se connaître ». Partant de ce principe, Infrabel invite depuis 2016, les nouveaux conducteurs de trains de la SNCB à venir constater comment est géré le trafic ferroviaire depuis la cabine de signalisation. En partant d’exemples concrets, les gestionnaires de trafic expliquent les responsabilités et difficultés qui sont les leurs. Sur un simulateur informatique, les conducteurs de trains peuvent apprendre, en toute sécurité, comment mettre les aiguillages dans la bonne position, et comment « ouvrir les signaux » pour permettre à un train d’atteindre sa destination. Les conducteurs de trains découvrent ainsi l’autre côté du miroir. Ils prennent conscience que travailler dans une cabine de signalisation est une tâche complexe et qu’il y a souvent beaucoup de paramètres à gérer en même temps. Cette expérience leur offre une meilleure compréhension qui pourra encore s’avérer utile.

Les cabines de signalisation d’Infrabel se modernisent rapidement. Gérer le trafic ferroviaire se fait aujourd’hui d’un clic de souris dans un programme informatisé. Une nouvelle technologie signifie une nouvelle terminologie. Dans le cadre d’une communication claire et correcte, l’attention nécessaire est également accordée à cet aspect. Apprendre à conduire un train Inversement, lors de ces « échanges de métier », les agents chargés de la gestion du trafic prennent place dans un simulateur de poste de conduite d’un train. Ces simulateurs reproduisent, de façon très réaliste, toutes les situations auxquelles un conducteur de train peut être confronté sur le réseau ferroviaire. Ils apprennent également à travailler avec les systèmes de sécurité les plus modernes : TBL1 + et ETCS. De cette façon, le gestionnaire de trafic qui, au quotidien, assure la circulation des trains sur le réseau depuis une cabine de signalisation, peut se faire une idée précise des situations auxquelles le conducteur du train doit faire face sur le terrain. Cette « double expérience » leur permet de mieux appréhender les diverses situations du trafic et de prendre la meilleure décision possible pour les voyageurs. Au total, une soixantaine d’échanges de jobs ont déjà été organisés pour le personnel de la SNCB et d’Infrabel ; environ 300 personnes y ont participé. Les enquêtes ont montré qu’à l’issue de cette expérience, la grande majorité des participants se fait une meilleure idée du job de leurs collègues, et que cela augmente le respect mutuel.