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Ce jeudi 19 avril, le nouvel atelier de traction de Kinkempois a été inauguré en présence du Ministre de la Mobilité, François Bellot et de la CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir. Celui-ci s’inscrit dans un vaste plan de modernisation des outils de maintenance de l’entreprise ferroviaire. Au total, 78 millions d’euros ont été investis par la SNCB dans cet atelier afin d’assurer un entretien flexible et efficace sur de nombreux types de matériel roulant, pour la sécurité et le confort des voyageurs, et 35 millions par Infrabel. Par ce processus de modernisation de ses ateliers, la SNCB entend consolider sa position de référence dans le domaine de la maintenance des trains et augmenter le taux de disponibilité du matériel roulant.

L’activité ferroviaire sur le site de Kinkempois remonte à 1929. Bien que modernisées au fil du temps, ces installations situées aux abords de la Meuse et à proximité de la gare de Liège-Guillemins restaient liées aux besoins et aux exigences de la maintenance des locomotives à vapeur. Aujourd’hui grâce aux investissements et travaux réalisés par la SNCB, le nouvel atelier de Kinkempois est devenu le fer de lance pour la maintenance du matériel ferroviaire, tant en termes d’infrastructure que de procédure d’entretien.

Un atelier dernier cri au service de la clientèle

Concrètement, le hall technique est composé de 17 voies intérieures, dont cinq longues de plus de 250 mètres qui permettront aux plus de 300 collaborateurs de réaliser les opérations de maintenance sur des rames complètes. Trois voies d'entretien sont munies de passerelles de travail pour accéder à la toiture. Six voies de levage et une voie de transbordement pour déplacer les bogies et faire passer le matériel roulant d’une partie du bâtiment à une autre font également partie des 17 voies. En outre, le nouvel atelier dispose d’une installation de signalisation propre, pour pouvoir gérer lui-même les mouvements du matériel roulant sur sa cour en toute sécurité et de manière rapide. Contrairement à l’ancien atelier, les trains pourront désormais entrer d’un côté et sortir de l’autre par de longues voies passantes. Cela évite aux techniciens d’effectuer trop de manœuvres, ce qui permet de gagner du temps et donc de diminuer le taux d’immobilisation. Au total, ce ne sont pas moins de 20.000 m² qui vont être utilisés pour entretenir les 422 engins qui seront entretenus à l’atelier de Kinkempois. Chaque jour, ce sont désormais près de 20 trains voyageurs qui entreront et sortiront du nouvel atelier de Kinkempois.

Ces installations comprennent également les bureaux, locaux techniques, sanitaires, vestiaires, réfectoire et magasin nécessaires aux activités de l'atelier. Elles ont ainsi été pensées et construites dans un souci d'ergonomie mais aussi en respectant les normes écologiques en vigueur. Ainsi, la priorité a été donnée à l'isolation, aux éclairages LED et à la ventilation.

Infrabel, gestionnaire d’infrastructure, a réalisé les travaux nécessaires pour permettre un accès direct à cet atelier depuis la gare de Liège-Guillemins et a construit toutes les voies autour de l’atelier et l’électrification de celles-ci, alors que la signalisation, elle, été confiée à sa filiale TUC RAIL. Ces éléments sont indispensables pour assurer le fonctionnement efficace de ce dernier. En outre, Infrabel continuera à assurer l’entretien des voies, des caténaires et de la signalisation comme c’est le cas pour les autres ateliers.

Des ateliers modernes et des procédures revues

Actuellement, la SNCB dispose de 4 ateliers centraux, 9 ateliers de traction et 18 postes d’entretien repartis à travers le pays pour entretenir les 2.800 engins que compte la SNCB. L’entreprise ferroviaire possède un savoir-faire historique dans la maintenance et la rénovation du matériel roulant, tant pour ses propres trains que ceux des tiers. Afin de maintenir cette expertise et son rôle de premier plan dans la maintenance, la SNCB prévoit d’investir un budget de 300 millions d’euros au cours des 5 prochaines années dans l’ensemble de ses ateliers. Outre la rénovation des ateliers existants, de nouveaux ateliers vont voir le jour.

En parallèle, la SNCB a également pour objectif de moderniser ses pratiques de maintenance. Pour y parvenir, la SNCB va s’appuyer sur la télémétrie. Cette technologie de diagnostic embarqué permet de détecter à distance et en temps réel les dysfonctionnements pouvant survenir sur le matériel. Elle revêt une importance primordiale pour le transport des voyageurs en prévenant les incidents en ligne et en fournissant les informations nécessaires au personnel de l’atelier pour préparer son intervention à l’avance, ce qui permet de réduire les temps de réparation. A l’horizon 2023, 80% du parc matériel bénéficieront de la télémétrie, contre 30% actuellement. En outre, plus d’entretiens seront effectués lors des week-ends, pendant la nuit et les heures creuses.

Dans le contexte d’une augmentation croissante du nombre de nos voyageurs (plus de 3% en 2017 par rapport à 2016), un entretien efficace contribue à l’augmentation de la disponibilité du parc matériel et donc du nombre de places.

« Ce processus de modernisation de nos ateliers s’inscrit dans l’évolution que nous voulons pour la SNCB : nous souhaitons la rendre davantage moderne, efficace et performante dans tous les domaines et à tous les niveaux, au bénéfice de nos voyageurs, mais aussi de nos collaborateurs, en améliorant leurs conditions et outils de travail. Au total, ce sont près de 78 millions d’euros qui ont été investis par la SNCB dans ce nouvel atelier de Kinkempois qui accueillera presque tous les types de matériel roulant, y compris les nouvelles voitures double étage M7 », explique Sophie Dutordoir, CEO.