1926-2026 : 100 ans d’évolution du matériel roulant à la SNCB
En 2026, la SNCB célèbre un siècle d’histoire et d’innovation. Tout au long de l’année, nous publions régulièrement des webnews sur le riche passé de la SNCB et son patrimoine. Focus aujourd’hui sur l’évolution du matériel roulant.
Depuis sa création en 1926, notre entreprise n’a cessé de moderniser son matériel roulant pour répondre aux besoins croissants de mobilité, améliorer le confort des voyageurs et renforcer la fiabilité de ses trains.
1926‑1950 : de la vapeur à l’électrification
À ses débuts, la SNCB exploite principalement des locomotives à vapeur issues de l’État belge. Il s’agit avant tout d’un matériel roulant disparate et vieillissant.
Dès la prise en main de la gestion par la SNCB, de nouvelles règles 'industrielles' sont appliquées pour améliorer l'outil, aussi bien les locomotives que le matériel remorqué.
La traction à vapeur atteindra son apogée en 1935-1939, avec la mise en service des locomotives Type 1 et Type 12.
A partir de 1930, les voitures métalliques sont introduites, garantissant une meilleure sécurité.
A partir de 1929, le matériel à marchandises est progressivement équipé du frein Westinghouse. L'intégralité du programme se termine en 1934, ce qui permet de mettre fin à une fonction particulièrement pénible aux chemins de fer, le métier de serre-frein.
La SNCB introduit les trains de voyageurs légers mais aussi les autorails, d'abord à vapeur et rapidement à moteur Diesel.
L'électrification de la ligne Bruxelles-Nord - Anvers est réalisée en 1935, pour marquer le centième anniversaire de nos Chemins de Fer.
La Seconde Guerre mondiale met un frein aux efforts déployés par la SNCB pour se moderniser.
Dès la libération, c'est la reconstruction, avec la reconstitution du parc de matériel roulant. De nouvelles locomotives à vapeur de type 29 vb sont livrées juste après la guerre depuis les Etats-Unis et le Canada. Le programme d'électrification est repris et en 1949, avec l’inauguration de la traction électrique entre Bruxelles-Midi et Charleroi.
Cette période voit également l’arrivée de voitures voyageurs plus confortables.
1951 1975 : une période de reconversion
Après la Seconde Guerre mondiale, la SNCB accélère l’électrification du réseau et introduit ses premières locomotives électriques : les locomotives type 120, 121 pour le trafic voyageurs et 101 pour le trafic marchandises.
Les années 1950 et 1960 constituent une période charnière. Elles voient l’arrivée des locomotives électriques classiques emblématiques des séries 22, 23, 25 et 26, mais aussi les polycourant 15 et 16. Ces machines, déployées tant sur le réseau national qu’à l’international, contribuent à renforcer la position de la SNCB dans les échanges européens.
Cette modernisation s’accompagne d’un tournant historique : en 1966, la traction à vapeur disparaît définitivement.
Le confort et l’expérience voyageurs évoluent également de manière significative. Les automotrices électriques des séries AM 62 à 66, 73, 74, 75, 78 et 79 font leur apparition, aux côtés des voitures à voyageurs I4, I5 et M2, offrant des conditions de voyage nettement améliorées. Les voitures à caisse en bois sont retirées du service commercial en 1963.
En parallèle, la SNCB développe une approche pragmatique et complémentaire pour les lignes non électrifiées. Les autorails diesel des séries 40 et 42 à 46 assurent une desserte plus confortable et adaptée des lignes secondaires, tandis que les locomotives diesel de ligne performantes des séries 51 à 55 et 59 à 62 prennent en charge la traction des trains voyageurs et marchandises là où l’électrification n’est pas encore présente. Parmi elles, les mythiques locomotives des séries 52, 53 et 54, surnommées « gros nez » en raison de leur face avant caractéristique, marquent durablement les esprits. Construites en Belgique sous licence General Motors, elles introduisent sur notre réseau une technologie déjà largement éprouvée outre-Atlantique. Certaines machines, notamment de la série 62, sont d’ailleurs toujours en circulation aujourd’hui, avec une cinquantaine encore utilisées par Infrabel.
A l’international, un train rapide offrant un confort inégalé voit le jour, c’est l’ancêtre du TGV : le Trans Europe Express (TEE), auquel la SNCB collabore avec les chemins de fer français (SNCF), italiens (FS), allemands (DB), néerlandais (NS), suisses (CFF) et luxembourgeois (CFL). Ces trains vont sillonner l’Europe durant trente ans et seront remplacés à la fin des années 1980 par une nouvelle gamme de trains appelés « Eurocity ». Deux voitures, numérotées 135 et 151, sont sauvegardées par la SNCB au titre de Patrimoine Historique. La voiture portant le numéro 135 est exposée à Train World.
Au niveau du matériel à marchandises, le parc se diversifie proposant du matériel spécialisé.
1976 début années 2000 : climatisation et vitesse
À partir du milieu des années 1970, la SNCB poursuit sa transformation en profondeur, avec un programme d’électrification qui continue de s’étendre et s’accélère particulièrement dans les années 1980. Cette dynamique s’accompagne d’un renouvellement ambitieux du matériel roulant, afin de répondre à des attentes voyageurs en pleine évolution.
Dès 1976, les automotrices quadruples de type 1975-1977 (44 unités) entrent en service, marquant une première étape vers des capacités accrues. Elles sont rapidement rejointes dans les années 1980 par les automotrices « Break » (AM 80), d’abord doubles puis triples, ainsi que par d’autres séries comme les AM 86 et, dans les années 1990, les AM 96. Ces nouvelles générations d’automotrices incarnent une montée en puissance en termes de performance, de flexibilité et de confort. Côté autorails (diesel), la SNCB introduit les nouveaux AR41 au début des années 2000.
En ce qui concerne les locomotives, notre parc de matériel est renforcé avec l’introduction, dès 1975, des puissantes locomotives série 20 (7 000 cv), suivies au début des années 1980 par les séries 11, 12, 21 et 27. Dans les années 1990, cet effort se poursuit avec l’arrivée des locomotives série 13, confirmant la modernisation continue de la traction électrique.
Le matériel voyageurs tracté connaît lui aussi une évolution significative. Les voitures I6, destinées au service international, et les voitures M4 pour le trafic intérieur marquent un premier saut qualitatif. Elles sont complétées par les voitures M5 et I10, avant l’introduction des voitures I11 dans les années 1990, qui représentent le sommet du confort de l’époque. L’amélioration de l’expérience client devient une priorité : généralisation progressive de la climatisation, intercirculation entre voitures, meilleures suspensions grâce à l’utilisation de grands ressorts et augmentation des vitesses commerciales.
La Belgique s’intègre aussi pleinement dans le réseau européen à grande vitesse grâce aux liaisons TGV, Thalys, Eurostar et ICE, programmes auxquels la SNCB participe activement. Cette intégration positionne le pays comme un carrefour stratégique au cœur de l’Europe.
2010-2026 : sécurité, accessibilité, performance et digitalisation
Depuis 2010, la SNCB investit dans un matériel plus sûr, plus écologique, plus accessible et résolument tourné vers l’expérience client.
Les voitures M6 (2002-2008) d’abord, puis ensuite les toutes modernes M7 (2020-2026)apportent une nouvelle génération de matériel à double étage, offrant une meilleure accessibilité pour les PMR et les vélos, plus de capacité, encore plus de confort et de performance. Leur livraison complète est attendue pour fin 2026.
Les automotrices Desiro (AM 08) pensées pour des arrêts fréquents (offre S) améliorent l’accessibilité et l’information voyageurs à bord.
Les locomotives électriques de nouvelle génération (séries 17, 18 et 19) augmentent la fiabilité et les performances des trains IC.
2026 : un centenaire tourné vers l’avenir
La SNCB poursuit le renouvellement de sa flotte avec la commande des locomotives quadricourant série 17 et de nouvelles automotrices AM30. Ces rames offriront tout le confort nécessaire aux voyageurs incluant une accessibilité autonome pour les personnes à mobilité réduite, des zones de silence, des écrans d'information, de la connectivité et des espaces suffisants pour les vélos.
La commande inclut également des trains à batteries, destinés à remplacer à terme les dernières automotrices diesel série 41.
Depuis un siècle, la même ambition guide notre entreprise : offrir un transport fiable, moderne et durable au service des voyageurs et du pays. Et le voyage continue.