Le parcours commémoratif de la SNCB
Dès 1945, la SNCB lance une politique active de commémoration de la guerre. Comme dans le reste de la Belgique, la mémoire patriotique a occupé le devant de la scène pendant les premières décennies. La SNCB met l'accent sur les victimes et les résistants au sein de son propre personnel et projette cette expérience sur l'ensemble de l'entreprise. Cela donne l'impression que la SNCB dans son ensemble est une « entreprise de résistance ». Cette stratégie permet de resserrer les rangs parmi le personnel et de tourner rapidement la page de la guerre.
Pendant des décennies, il n'y a pas de place pour un examen critique, et une partie de l'histoire est oubliée. Ce n’est qu’après la parution du livre La Belgique docile, en 2007, que la direction de l’entreprise prend conscience des aspects négatifs de son rôle durant la guerre.
Lors de l'inauguration d'un wagon historique devant la caserne Dossin rénovée en 2012, Jannie Haek, l'administrateur délégué de l'époque, reconnaît le rôle de la SNCB dans les déportations.
En 2022, la SNCB contribue pleinement à l’enquête historique officielle sur le rôle de la SNCB de l’époque dans les déportations, réalisée par le Centre d'Etude Guerre et Société (CegeSoma) des Archives de l’Etat à la demande du Sénat et du Gouvernement fédéral.
A la suite de la publication de cette étude historique indépendante en décembre 2023, le Gouvernement fédéral a mis en place un Groupe de Sages en vue de formuler des recommandations pour faire connaître la vérité, assurer la transmission et proposer des formes de réparation. Le rapport du Groupe de Sages, publié en janvier 2025, contient 30 recommandations. La SNCB a pris l’engagement de mettre en œuvre les recommandations la concernant. La présente exposition temporaire contribue dans ce cadre au travail de mémoire collectif de la SNCB.
Un travail de mémoire partagé
Depuis plusieurs années, le Musée Juif de Belgique s’engage à transmettre l’histoire de la Shoah aux jeunes générations, en organisant des rencontres avec des témoins et des ateliers pédagogiques. Ces initiatives visent à comprendre les mécanismes de la haine, l’histoire de l’antisémitisme, les formes de résistance et les enjeux liés à la responsabilité individuelle.
Cette démarche rejoint les recommandations du Groupe des Sages sur « La SNCB et les déportations durant la Seconde Guerre mondiale » :
- reconnaître la vérité historique,
- assurer la transmission auprès des jeunes générations,
- contribuer à la réparation symbolique par un travail de mémoire partagé.
À l’occasion de l’exposition temporaire de Train World consacrée aux déportations et au rôle de la SNCB, le Musée Juif de Belgique a renforcé sa mission civique et éducative en multipliant ses actions de sensibilisation.
Rencontrer un témoin de la Shoah, c’est relier l’histoire à une expérience vécue. C’est un moment fort, qui éclaire les enjeux du présent et développe les compétences citoyennes. Découvrez ici les témoignages de Amir et Maximillien
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Affiche pour la Semaine du Cheminot en 1951. Reproduction
Un agent de la SNCB protège une fillette avec, en arrière-plan, les croix de tous les collègues tombés au combat. L’image est dédiée au Directeur du personnel et résistant, Paul Nolet de Brauwere. Comme nul autre, il a su combler le fossé entre la Direction et le personnel après la guerre.
Coll. NMBS | Train World Heritage
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