« C’est une absurdité de prétendre qu’il eût été possible d’interdire aux machinistes belges de conduire des trains allemands. Il était de notre devoir de rester (…). »

Déclaration de Narcisse Rulot, le 14 décembre 1944

 

 

Sous l’occupation, la SNCB est dirigée par la direction et le Conseil d’Administration d’avant-guerre. Leurs priorités sont l’approvisionnement alimentaire de la population et celui de l’industrie belge.

Les plus hautes autorités belges et la grande industrie imposent une « politique du moindre mal » : collaborer avec l’occupant dans l’intérêt de la Belgique. La direction de la SNCB considère cette compromission comme un devoir patriotique. Cela s’inscrit également dans le cadre du droit international de la guerre. Toutefois, il reste strictement interdit de fournir des services en violation du devoir patriotique ou du droit pénal. C’est là que les choses se gâtent.

Les chemins de fer de l’époque assureront, sous l’occupation allemande, des services tels que la fabrication de locomotives pour le front de l’Est dans l’Atelier de Malines, de locomotives destinées au front de l'Est dans l'Atelier de Malines ainsi que des transports de Juifs, de Roms, de personnes astreintes au travail obligatoire et de personnes persécutées pour des raisons politiques Le directeur général Rulot devient l’incarnation de la collaboration. Il juge impossible pour la SNCB de refuser d’exécuter ces services. Ce point de vue est partagé par les plus hautes autorités belges dans la Belgique occupée. On considère ces services militaires à l’Allemagne comme le prix nécessaire pour les approvisionnements belges.

Part du transport de passagers belge et allemand sur le réseau belge (1940-1944)

Part du transport de passagers belge et allemand sur le réseau belge (1940-1944)

Part du transport de marchandises belge et allemand sur le réseau belge (1940-1944)

Part du transport de marchandises belge et allemand sur le réseau belge (1940-1944)

En savoir plus

Politique du moindre mal
Auteur : Wouters Nico (Institution : CegeSoma/Archives de l'État)

Video : Montage vidéo réalisé pour l'exposition à Train World : La SNCB occupée.

Photo 1 : Nommé directeur général de la SNCB en 1933, Narcisse Rulot (1883-1978) est aux commandes de l’entreprise sous l’occupation allemande. Ce fervent adepte de l’organisation scientifique du travail jouit de la confiance des grands industriels, mais n’a pas vraiment la cote auprès des syndicats avant la guerre. (Collection CegeSoma | Archives de l’État)

Photo 2 : Locomotive Type 81 tirant des wagons de charbon. Années 1950.

Pendant la guerre, avec l’accord du gouvernement et des industriels, Narcisse Rulot gère la SNCB pour permettre à l’économie du pays de continuer à fonctionner, notamment pour nourrir la population. (Collection SNCB | Train World Heritage)

Photo 3: Défense antiaérienne allemande sur la ligne Bruxelles - Anvers. Coll. A. Francart

Photo 4 : Robert Bergman. Dessin au crayon sur papier. 1985 - Locomotives Type 10 (10-18) et Type 07 avec en encadré un officier allemand effectuant le salut hitlérien. Ce dessin symbolise la mainmise du régime nazi sur la SNCB. (Collection SNCB | Train World Heritage)
En complément des images et documents de la SNCB, des photographies proviennent d’institutions publiques et de collections privées. Dans la mesure où ils ont pu être identifiés les noms et/ou dénominations des ayant droit de ces documents sont repris sous chaque visuel. Il en reste quelques-uns que la SNCB n’a pas réussi à joindre, en dépit de ses recherches et sollicitations. Qu’ils soient avertis ici qu’elle reste à leur disposition pour satisfaire, le cas échéant, à la législation sur le droit d’auteur.