La SNCB sous l’Occupation
« La Wehrmacht allemande peut forcer les gens à accepter et à effectuer un travail et peut, en cas de refus de travailler, imposer la peine de mort dans certaines circonstances. »
Invasion et contrôle allemand
L’invasion allemande de mai 1940 aura un impact considérable sur le réseau ferroviaire belge. Tous les ponts ferroviaires importants sont endommagés ; des dizaines de milliers de wagons, voitures et locomotives sont dispersés, des milliers de membres du personnel prennent la fuite et 227 cheminots perdent la vie. En mai 1940, la Wehrmacht Verkehrs Direktion (WVD) allemande prend non seulement le contrôle de l’exploitation du réseau belge, mais également celui de certaines parties de la SNCB.
À partir de juin 1940, on ne peut plus parler d’une entreprise indépendante. La WVD met en place une société fantôme qui agit aux côtés et au-dessus de la SNCB. Surtout après l’invasion allemande de l’Union soviétique en juin 1941, le trafic ferroviaire prend une importance militaire vitale pour le Reich allemand. Après juin 1941, une grande partie du personnel ferroviaire allemand présent en Belgique est envoyée vers l’est, rendant l’occupant de plus en plus dépendant de la SNCB. Les organisations allemandes sont également en proie à des tensions internes. À partir de 1943, les services allemands perdent progressivement leur contrôle sur la SNCB.
« Le Service social veille attentivement à ce que la soupe soit d’une qualité irréprochable, d’un goût et d’un aspect agréables et aussi variée que possible. »
Une entreprise sous occupation
Pendant la guerre, les quelques 97 000 employés de la SNCB tentent avant tout de survivre dans des conditions extrêmes. Dès 1940, la direction met en place une politique sociale globale pour les membres du personnel et leurs familles. Des dizaines de millions de francs d’aides supplémentaires seront versés à plus de 50 000 familles du personnel de la SNCB. Le Service social soutient également activement la Résistance clandestine. Parallèlement, cette politique sociale vise aussi à fidéliser le personnel, à exiger une productivité accrue et à rendre superflus les syndicats (clandestins).
Cette vidéo, réalisée dans le cadre de l’exposition La SNCB occupée, entre collaboration et résistance, a été réalisé à l’aide de l’intelligence artificielle et est une reconstitution fictive basée sur des recherches historiques et des déclarations provenant d’archives.
À partir de 1943, les conditions de travail deviennent extrêmement difficiles. 3 907 membres du personnel de la SNCB sont envoyés de force en Allemagne pour y travailler. L’occupant impose des conditions de travail draconiennes, et les milices paramilitaires collaboratrices déployées dans les gares se retournent parfois contre le personnel. Les bombardements de plus en plus fréquents rendent certains lieux de travail véritablement dangereux.
Au final, 898 employés de la SNCB perdent la vie en service à cause des circonstances de guerre, que ce soit lors de bombardements ou en raison de leur engagement dans la Résistance.