Chiffres voyageurs montés
Une méthode de mesure de plus en plus affinée, reflétant mieux l’utilisation réelle du train par les voyageurs
Pour mesurer la fréquentation de ses trains, la SNCB se basait jusqu’ici en grande partie sur des estimations théoriques et forfaitaires d’utilisation, notamment pour les abonnements. Cette approche permettait de suivre les évolutions au fil des ans et d’adapter l’offre et les services le cas échéant, mais elle ne reflétait plus suffisamment les habitudes de déplacement réelles et actuelles.
Ces dernières années, les comportements de mobilité ont en effet fortement évolué avec l’instauration plus généralisée du télétravail. Avant la crise sanitaire liée au Covid-19, seuls 40 % des abonnés domicile-travail avaient droit au télétravail et ce en moyenne un jour par semaine. Aujourd’hui, plus de 70 % des abonnés peuvent télétravailler et la majorité d’entre eux y a droit à raison de trois jours par semaine.
Pour répondre à cette évolution, la SNCB a lancé en 2023 le Flex Abonnement, destiné aux personnes qui se rendent sur leur lieu de travail deux ou trois fois par semaine. Les navetteurs sont de plus en plus nombreux à opter pour cette formule adaptée à leurs besoins, à tel point qu’en 2025, les abonnements flexibles représentent déjà plus d’un tiers des abonnements domicile-travail.
En parallèle, les canaux de vente digitaux se sont fortement développés et de nouvelles formules d’abonnement plus flexibles et activables ont été introduites.
Un calcul de plus en plus fin et représentatif du nombre de trajets par abonné
Dans ce contexte, la SNCB a affiné de plus en plus sa méthode de mesure de la fréquentation. Le système de calcul historique, conçu pour des abonnements à temps plein et fondé sur un nombre forfaitaire de trajets par abonné n’est plus représentatif. La méthode affinée s’appuie davantage sur les possibilités offertes par les évolutions technologiques récentes, notamment la digitalisation accrue de la vente des titres de transport et l’activation des titres de transport digitaux. Un abonnement flexible, par exemple, doit être activé par le voyageur avant le voyage, ce qui permet d’obtenir des données beaucoup plus précises.
Le modèle de calcul permet notamment de mieux mesurer combien de voyageurs empruntent quel train, avec quel type de titre de transport et entre quelles gares. Il offre donc une vision plus fine des flux, avec une identification des destinations, des segments de clientèle (domicile-travail, école, loisirs) ainsi que la distinction entre trajets directs et avec correspondance.
La SNCB continuera à compléter cette méthode par des comptages physiques, des enquêtes auprès des voyageurs et le recours à des solutions technologiques supplémentaires afin d’affiner toujours plus son modèle et ses estimations.
Si l’on compare les chiffres de l’année 2025 avec les chiffres de l’année 2022 sur base de cette méthode, le nombre de voyageurs a augmenté de plus de 14%. Cette augmentation est principalement portée par la hausse du nombre de trajets effectués avec un abonnement domicile-travail (+24,8%) et par les ventes des tickets individuels (+15,6%).
Si l’on compare avec les chiffres 2019 également calculés sur base de cette méthode, les 207,8 millions de voyageurs enregistrés en 2025 sont inférieurs de 9,7 % aux 230 millions de voyageurs transportés par la SNCB en 2019. Cette évolution s’explique principalement par la forte baisse du segment domicile-travail (-32,4 %), largement liée à l’essor du télétravail. Les tickets individuels enregistrent, par contre, une très forte croissance (+24%). En neutralisant l’impact des grèves, le nombre de voyageurs enregistrés en 2025 est inférieur de 8,4% par rapport à 2019, et la croissance des tickets individuels est de 28%. Cette neutralisation n’a pas d’impact sur le segment domicile-travail.
Cette analyse plus précise alimentera notamment les futures adaptations de l’offre contenue dans le plan de transport et le dimensionnement, ainsi que la composition de la flotte de matériel.